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Le frêne commun, colosse aux pieds d’argile

Le frêne commun (Fraxinus excelsior L.) est originaire d’Europe. Il est présent jusqu’à 1500 m d’altitude.

Aujourd’hui, ce géant (de 20 à 40 mètres de haut !) est malheureusement menacé par une maladie causée par un champignon : la chalarose du frêne…

Ses caractéristiques
  • Longévité : 200 ans
  • Hauteur : 20 à 40 m
  • Port : cime clairsemée et irrégulière. Plus étroite en forêt. Tronc : droit. Ecorce lisse, gris clair à gris olivâtre, se crevasse en vieillissant.
  • Bourgeons : noirs, bien visibles en hiver
  • Feuilles : opposées, décussées1, imparipennées2, composées de 7 à 15 folioles3 sessiles4, ovales, au sommet à base pointue et à bords dentés.
    Fleurs : les fleurs sont hermaphrodites5, de couleur brunâtre, en panicules latérales courtes d’abord dressées puis pendantes ce qui facilite l’anémogamie6. Elles apparaissent en mars-avril-mai avant les feuilles permettant ainsi une meilleure dissémination du pollen par le vent.
  • Fruits : samares7 plates, longues de 5 cm, en grappes. Les graines sont situées à la base du fruit. Ces fruits restent sur l’arbre tout l’hiver et se détachent par grand vent.

Un peu de vocabulaire
  1. Décussées : paires de feuilles successives se croisant à angle droit
  2. Imparipennées : feuilles portant un nombre impair de folioles
  3. Foliole : chaque partie d’une feuille composée
  4. Sessile : sans pétiole, c’est-à-dire sans tiges portant les folioles
  5. Hermaphrodite : à la fois mâle et femelle
  6. Anémogamie : dissémination du pollen par le vent
  7. Samare : akène ailé d’une membrane, un akène étant un fruit sec contenant une seule graine
Habitat et usages

Le frêne apprécie les endroits ensoleillés au bord de l’eau, et les sols frais et profonds. Il se trouve également en forêt mixte, c’est-à-dire dans des forêts composées de feuillus et de résineux.

 

Appréciant les bords de rivière, le frêne commun peut contribuer au main tien des berges grâce à son système radiculaire. Il peut être taillé « en têtard » pour produire du bois de chauffage. Cette technique consiste à tailler régulièrement un arbre à la même hauteur, l’arbre a alors un tronc classique, surmonté de nombreuses re- pousses dues aux coupes successives. Ces repousses donnent un aspect étoffé au sommet de l’arbre, d’où le nom de taille « en têtard ».

Il est possible de préparer, par décoction de ses feuilles, une boisson rafraîchissante nommée « la frênette ». Associée à des ver tus médicinales, elle serait fébrifuge et tonique. Son écorce a rem placé le quinquina, un traitement utilisé autrefois pour combattre le paludisme.

Ses feuilles étaient jadis consommées en fourrage en remplacement des foins.

 

Son bois, élastique et résistant, était utilisé pour l’outillage et la fabrication de bandages des roues de charrettes. Il est encore aujourd’hui apprécié en ébénisterie.

C’est également le bois qui servait à fabriquer les skis et les raquettes de tennis d’autrefois.

Le frêne couvre 18% de la surface forestière dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais, alors qu’il ne représente que 4% des arbres des forêts françaises.
Aujourd’hui sa population est fortement menacée par une maladie apparue en 1992 en Pologne : la chalarose du frêne

Cette maladie, aussi appelée « maladie de dessèchement des pousses des frênes » est causée par un champignon.

Les symptômes de cette maladie sont notamment un flétrissement voire une nécrose du feuillage et une mortalité des rameaux. 

L’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) a eu connaissance que des chercheurs estimaient à 1% la part de la population de frênes résistant à la chalarose au Danemark, pays touché par cette maladie depuis 2002. Cela laisse présumer que 99 % de la population de frênes peut contracter cette maladie et en mourir. L’échéance de cette hécatombe est pronostiquée d’ici 5 à 15 ans ! Si à l’avenir les peuplements de frênes vont fortement se restreindre, l’essence perdurera grâce à ce 1% de frênes qui reformera une population résistante à la chalarose.

Le parcours NATURE