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Onnaing se souvient : une cérémonie du 8 mai empreinte de solennité et d’émotion

Ce vendredi 8 mai, à l’occasion du 81ᵉ anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945, la municipalité avait donné rendez-vous à la population au monument aux morts afin de rendre hommage à celles et ceux qui ont combattu pour la France, pour la liberté et pour la paix.

Élus, représentants des anciens combattants, sapeurs-pompiers, associations patriotiques et locales, enfants des écoles Matisse et du groupe scolaire Cuvinot : ils étaient nombreux à avoir répondu présents pour ce moment de mémoire collective. Une cérémonie solennelle, rythmée par les interventions musicales de la Lyre Ouvrière, qui a su donner à cet hommage toute sa gravité et sa dignité.
Dans son discours d’accueil, Xavier Jouanin, maire d’Onnaing, a tenu à remercier l’ensemble des participants pour leur présence fidèle et nombreuse. Il a rappelé l’importance de ces rendez-vous républicains, qui permettent à chacun, et notamment aux plus jeunes générations, de mieux comprendre le prix de la paix et la nécessité de faire vivre le souvenir.
Le maire a ensuite passé la parole à Cassandra Durville, conseillère municipale en charge de la Culture de la paix. Dans un discours à la fois solennel et profondément émouvant, elle est revenue sur cette période sombre de notre histoire, marquée par la guerre, l’occupation, les privations, les souffrances, mais aussi par le courage, la résistance et l’espérance. Elle a rappelé combien le 8 mai 1945 ne représente pas seulement une date de victoire militaire, mais aussi le retour attendu de la liberté, après des années d’angoisse et de sacrifices.
« Votre présence montre que le souvenir de ceux qui ont combattu pour la liberté reste vivant. Et que nous voulons transmettre ces valeurs de paix aux générations futures », a-t-elle déclaré, soulignant avec justesse le rôle essentiel de la transmission.
Monsieur le maire a ensuite donné lecture du message officiel de Madame Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens combattants, et de Madame Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants.
Moment particulièrement symbolique, les élus et les enfants ont ensuite déposé les traditionnels petits drapeaux tricolores au pied du monument aux morts. Un geste simple, mais fort, qui inscrit la mémoire dans les mains de celles et ceux qui feront vivre demain les valeurs de la République.
La Marseillaise a ensuite résonné avec force, avant qu’un lâcher de pigeons, proposé par l’association l’Hirondelle Onnaingeoise, ne vienne clôturer la cérémonie dans une image de paix et d’espérance.
En ce 8 mai, Onnaing a une nouvelle fois montré son attachement au devoir de mémoire. Parce que se souvenir, ce n’est pas seulement regarder vers le passé. C’est aussi choisir, ensemble, de préserver la paix pour l’avenir.

Message officiel de Madame Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens combattants, et de Madame Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants.

Il y a 81 ans, dans la nuit du 6 au 7 mai, à Reims, était signée la capitulation sans condition de l’Allemagne.
Le 8 mai 1945, enfin, après des années d’épreuves, d’horreurs et de combats, l’Europe était libérée de l’emprise totalitaire et génocidaire nazie.
Libérée par tous les Alliés. Libérée avec le concours des armées de la France, « la seule France, [celle] qui se bat » et ne se rend pas.
Ne l’oublions jamais : avant d’être une défaite des armes, la défaite de 1940 fut d’abord une défaite de l’esprit.
Marc Bloch — historien, combattant de 14, volontaire à nouveau en 39, fusillé en juin 1944 — avait porté sur les responsables de la débâcle ce constat implacable : ils avaient « estimé très tôt naturel d’être battus ».
Ceux qui continuèrent de croire à la France n’étaient pas des surhommes.
Ce furent les cent trente-trois pêcheurs de l’île de Sein, les cinquante-deux premières engagées volontaires de Saint-Pierre-et-Miquelon. Ce fut Jacques Lusseyran, lycéen non-voyant de 16 ans qui rassembla autour de lui les Volontaires de la liberté, avant d’être déporté à Buchenwald.
Ce furent des femmes et des hommes de tous âges, de tous horizons, de toutes convictions, avec leurs peurs et leurs doutes, mais unis par une même exigence : ne pas subir, ne pas céder.
Cette résolution était d’abord celle de résister au déni du droit et de la justice.
« Dès le 3 septembre 1939 », rappelle le général de Gaulle, « nous avons tiré l’épée, seuls avec l’Angleterre, pour défendre le droit violé sous les espèces de la Pologne. »
À Londres, sous les bombes du Blitz, à Brazzaville, où l’Ordre de la Libération est créé, se poursuivit la lutte de ceux qui pressentaient que cet affrontement était une guerre contre l’humanité.
Alors que nous célébrons les 400 ans de la Marine nationale, souvenons-nous de l’amiral Muselier, rallié dès 1940 à la France libre et qui lui donna son emblème : la croix de Lorraine.
Souvenons-nous des sous-mariniers du Casabianca, déjouant la vigilance ennemie pour armer la Résistance en Corse.
Et derrière eux, toutes les générations de marins qui perpétuent aujourd’hui notre puissance navale avec le porte-avions France Libre.

Souvenons-nous des commandos Kieffer, débarqués à l’aube du 6 juin 1944.
Honorons, sur les plages de Provence, les soldats venus d’Afrique, d’Asie et du Pacifique — tirailleurs, goumiers, spahis de la 1ère armée française menée par le général de Lattre de Tassigny, remontant jusqu’à Berlin.
De Lattre qui, face à ce qu’il appelait « les puissances multiples du mensonge », dira : « nous avons découvert tout le prix de notre civilisation en éprouvant sa fragilité. »
Rappelons-nous Simone Veil, rescapée d’Auschwitz, qui fit de sa vie une œuvre de réconciliation et de paix : l’idéal européen qu’elle nous lègue fut la réponse à la haine par la force du droit.
Cette victoire était celle du respect de la souveraineté de chaque peuple et de la dignité de chaque personne, contre ceux qui voulurent réduire notre continent à un empire de maîtres et d’esclaves.
Aujourd’hui, pour que plus jamais le pire ne redevienne possible, il nous revient de transmettre aux jeunes qui s’avancent dans la vie — alors que les derniers témoins nous quittent — le « patriotisme agissant » que le général Leclerc confiait aux hommes de la 2e DB en leur faisant ses adieux.
Transmettre cette force morale, la première arme d’un peuple qui sut, au bord de l’abîme, se redresser.
Un peuple, le nôtre, que « ni le malheur militaire, ni la faillite des institutions, ni le mensonge, ni la violence n’ont pu détourner de son éternelle vocation ». (Charles de Gaulle, discours devant l’Assemblée nationale, 15 mai 1945).
Vive l’Europe libre. Vive la République. Et vive la France !

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