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Commémoration de la Journée nationale de la Résistance

Nous commémorons ce jour la Journée nationale de la Résistance, en référence à la première réunion du Conseil national de la Résistance (CNR) qui s’est déroulée le 27 mai 1943. Délégué du général de Gaulle, Jean Moulin souhaitait instaurer ce conseil dans le but de coordonner l’action de la Résistance. Sous la présidence de Jean Moulin, le Conseil national de la Résistance réunit les représentants des huit grands mouvements de résistance, des deux grands syndicats d’avant-guerre ainsi que les représentants des six principaux partis politiques de la troisième République. 

Ce rassemblement historique a permis d’unifier les différents mouvements de résistance autour des valeurs de liberté, de démocratie et de solidarité, et conduit à la mise en œuvre de réformes économiques, sociales et politiques donnant la priorité à l’accès à l’éducation pour tous et posant les bases du modèle social français.

Ce rassemblement a également inspiré la rédaction du préambule de la Constitution de la quatrième République, qui fait partie des textes fondamentaux de notre droit actuel. 

Instituée officiellement en 2013, la Journée nationale de la Résistance a pour objectif de transmettre aux jeunes générations la mémoire du combat des résistants et l’importance de l’engagement citoyen. Elle rappelle le courage de celles et ceux qui ont risqué leur vie pour défendre les droits fondamentaux et l’indépendance de la France.

À travers les cérémonies, les témoignages et les actions pédagogiques organisés partout dans le pays, cette commémoration invite chacun à réfléchir aux valeurs républicaines et à la nécessité de rester vigilant face aux atteintes à la liberté et à la démocratie.

 

Retrouvez ci-dessous le message de Mme Alice RUFO, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants.

Journée nationale de la Résistance

Mercredi 27 mai 2026

Alice RUFO, ministre déléguée
auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants

Le 27 mai 1943, dans un appartement de la rue du Four à Paris, des hommes que tout aurait pu opposer se réunissaient pour la première fois. Gaullistes ou communistes, syndicalistes ouvriers, socialistes ou démocrates-chrétiens, un même refus les rassemblait : celui de consentir au pire.

Ainsi s’accomplissait, comme l’avait pressenti deux mois plus tôt Aragon dans son poème « La Rose et le Réséda », l’union de tous ceux qu’un même élan avait portés à venir au secours de « la belle prisonnière des soldats » : cette France qui avait pris le visage de Geneviève de Gaulle-Anthonioz et de Lucie Aubrac, de Germaine Tillion et de Marie-Claude Vaillant-Couturier, parmi tant d’autres femmes combattantes de l’armée des ombres.

Ce jour-là naissait, grâce à l’action patiente de coordination menée par Jean Moulin, le Conseil national de la Résistance. Un mois plus tard, arrêté et torturé par la Gestapo, il mourrait sans avoir livré un seul nom, fidèle au combat qu’il avait commencé dès 1940, comme préfet à Chartres en refusant de mentir pour accuser à tort des tirailleurs sénégalais de crimes commis par les Allemands.

Ce que les résistants ont d’abord combattu, ce ne fut pas seulement l’occupant. C’était ce qu’Emmanuel Mounier avait appelé « le désordre établi », cette manière qu’a l’arbitraire de s’installer, de prendre les apparences de l’autorité, jusqu’à se prétendre un mal nécessaire.

Certains pourtant l’avaient reconnu. À la banalité du mal, ils ont répondu par l’humilité de l’héroïsme.

Ils étaient instituteurs, cheminots, agriculteurs, religieux, ouvriers, étudiants, employés des postes ; des agentes de liaison qui portaient des messages dans leurs cabas, des familles qui cachaient un enfant juif derrière une cloison.

Aujourd’hui, nous rendons hommage à ces femmes et ces hommes morts pour la France, et pour quelque chose de plus grand qu’elle encore : pour l’honneur de l’humanité.

En mars 1944, le Conseil national de la Résistance inscrivit ce principe d’action dans un projet pour le pays, Les Jours heureux. Ce projet portait un espoir : qu’au sortir de la guerre, la France protégerait d’abord les plus vulnérables.

De cette exigence sont nées la Sécurité sociale et la promesse que la naissance ne serait plus un destin, ni pour le fils de l’ouvrier, ni pour la fille du paysan, grâce à « l’instruction et l’accès à la culture la plus développée quelle que soit la fortune de leurs parents » (Programme du CNR, 1944).

À l’heure où la puissance du mensonge redevient une arme, où la résignation ferait à nouveau le lit du pire, il nous reste une boussole. Celle de Jean Cavaillès, philosophe, mathématicien, cofondateur des réseaux Libération et Cohors, fusillé en 1944.

Comme le formula Georges Canguilhem, son camarade d’études et de luttes, il fut « résistant par logique ». Parce qu’il est des moments où la raison elle-même commande de dire non.

Ce patriotisme rationnel et lumineux, ce patriotisme généreux venu du peuple dans sa diversité : telle est la leçon que nous laissent ceux qui furent prêts, souvent très jeunes, à risquer leur vie pour témoigner de la vérité, et arracher leur liberté.

Tel est l’héritage du Conseil national de la Résistance.

Tel est le legs de Jean Moulin, qu’il nous revient de transmettre aux générations qui auront à défendre notre idéal et notre avenir.

Vive l’esprit de la Résistance. Vive la République. Vive la France !

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